Histoire de lignes oubliées...

Ligne de Belleville à Beaujeu

Caractéristiques de la ligne

Type : Intérêt Local (11/10/1868)
Intérêt Général (04/04/1878)
Ecartement :Voie normale
Longueur :12,576 km
Nombre de voies :Voie unique
Numéro de la ligne :776 000
Déclivités maximales :14,5 mm/m vers Beaujeu, 2 mm/m vers Belleville
Concessionnaires : MM. Maurice Picard et Charles Bergeron (14/07/1868)
Compagnie du chemin de fer de Belleville à Beaujeu (1868 ?)
Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerannée (04/04/1878)

Principales dates

Déclaration d'utilité publique :
Belleville - Beaujeu :11/10/1868
Concession :
Belleville - Beaujeu :13/07/1868, approuvée le 14/07/1868 (1)
Ouverture :
Belleville - Chapital :20/09/1869
Chapital - Beaujeu :25/11/1869
Fermeture aux voyageurs :
Belleville-sur-Saône - Beaujeu :01/09/1933
Fermeture aux marchandises :
Saint-Jean-d'Ardières - Beaujeu :31/12/1987
Section à Saint-Jean-d'Ardières (1,000 - 1,828) :14/09/2006 (2)
Déclassement :
Saint-Jean-d'Ardières - Beaujeu (1,828 - 12,759) :22/08/1990
Dépose des voies :
Saint-Jean-d'Ardières - Beaujeu :inconnue
Etat actuel de la ligne :
Belleville - Saint-Jean-d'Ardières :inexploitée
Saint-Jean-d'Ardières - Beaujeu :piste cyclable
  1. S'agisant à l'origine d'un chemin de fer d'intérêt local, la convention de concession a été signée entre les concessionnaires et le préfet du Rhône, puis approuvée par le Conseil Général du département.
  2. Cette section qui ne voyait déjà plus passer de trains depuis fort longtemps a été officiellement fermée par RFF à cette date.

Les gares

Belleville-sur-Saône (0,000) > Cercié (5,570) > Durette-Quincié (?) > Beaujeu (12,576)

Histoire

Génèse

Profitant de la nouvelle loi Minegret qui permet aux départements de concéder des lignes d'intérêt local, MM. Picard et Bergeron obtiennent en 1868 du département du Rhône la concession d'une ligne à voie normale entre l'artère impériale Paris - Marseille et Beaujeu, capitale de la célèbre région viticole du Beaujolais. Les concessionnaires fondent alors la Compagnie du Chemin de Fer de Belleville à Beaujeu. Etablit à voie unique, elle est ouverte en deux étapes dès l'année suivante, le 20 septembre 1869 de Belleville au quartier du Chapital (près de Beaujeu), puis le 25 novembre 1869 du Chapital à Beaujeu.

La petite compagnie éprouve vite des difficultés financières et signe dès le 18 août 1876 une convention avec le PLM en vue de la rétrocession et de la vente de la ligne. Après approbation de cette convention en 1878 par l'Etat, la ligne est reclassée d'intérêt général et le PLM en prend possession à compter du 15 mai 1878. La ligne est alors soumise à la convention du 11 avril 1857, approuvée le 19 juin de la même année.

En 1902, la Compagnie des Chemins de Fer du Beaujolais ouvre une ligne à voie métrique d'intérêt local entre Villefranche-sur-Saône et Monsols et implante une nouvelle gare à Beaujeu face à celle du PLM, mais sur la rive opposée de l'Ardières. Une voie transversale, accessible par plaques tournantes, est alors lancée depuis la cour marchandises du PLM et franchit le cours d'eau sur une passerelle pour atteindre le chantier de transbordement entre les deux compagnies.

Tracé

La ligne s'embranchait sur l'artère impériale Paris - Marseille, à l'extrémité Nord de la gare de Belleville-sur-Saône et remontait la vallée de l'Ardières par une rampe continue de 4 à 14,5 mm/m. Elle franchissait le cours d'eau en amont de la gare de Durette-Quincié avant d'atteindre le terminus de Beaujeu.

Exploitation

A l'origine, la desserte est assurée par plusieurs trains mixtes quotidiens, puis par deux trains mixtes et trois à quatre trains légers omnibus. A partir de 1925, elle passe à sept navettes quotidiennes. Toutefois, la fréquentation de la ligne reste très faible, si bien que le PLM tente dès l'automne 1931 d'établir un service mixte rail-route, ne conservant que trois trains quotidiens (deux trains légers et un mixte). A partir du 1er septembre 1933, le service est entièrement assuré par la route et seul subsiste un train collecteur de marchandises alimenté par la production vinicole locale et l'usine de chaudronnerie de Régnier, près de Durette-Quincié.

Exploitée sans évènements notables lors de la dernière guerre, la ligne voit circuler pendant quelques mois à parir de 1944 un autorail à messageries Berliet employé au transport des colis, et, à titre tout à fait officieux, à celui de quelques voyageurs, ce qui entraina de vives protestations de l'exploitant du service routier qui avait remplacé les trains !

En 1951, la traction à vapeur est remplacée par un locotrateur Diesel et ce mode de traction subsitera jusqu'à la fermeture de la ligne à la fin de l'année 1987. L'amorce de la ligne est conservée pour la desserte d'une zone industrielle.

De nos jours

Aujourd'hui, après un an de travaux, l'ancienne ligne a été reconvertie en « Voie verte » entre Saint-Jean-d'Ardières et Beaujeu (ouverture le 9 avril 2004) et fait le bonheur des promeneurs et cyclistes à défaut des amoureux du rail.

Photographies et cartes postales

Gare de Beaujeu vue côté Gare de Beaujeu Gare de Beaujeu

Bibliographe

Mise à jour : 13 juillet 2011